Disclaimer: Nous étions une fois is a French play, so I will allow myself to write the review in French. There is little hope that you would understand the play if you cannot understand the review anyway.
D’abord, un aveu: j’ai quitté la représentation de Nous étions une fois à l’entracte. Non pas que c’était terrible, mais l’appel de mon estomac s’est révélé plus fort que l’appel du théâtre. Alors, si vous allez voir cette pièce, sachez qu’elle dure trois heures et préparez-vous en conséquence.
Il faudrait aussi expliquer un peu la chose : Nous étions une fois est une série de 11 contes-performances variant de 10 à 15 minutes mis en scène par Gervais Gaudreault, 11 acteurs y trouvant leur compte avec plus au moins même nombre d’auteurs, du vieux Shakespeare à certains des comédiens eux-mêmes. Tout cela se déroule sur les trois étages du magasin de vêtements de seconde main Eva B.
Et maintenant, passons à la critique de cette première partie, composée de six contes-performances. Laura Barbeau ouvre le bal en descendant les marches jusqu’au café au rez-de-chaussée en robe de chambre et se fait patiemment un thé. Débute son texte, récité d’une manière dont les gens ne parlent plus, d’une manière dont les gens n’ont jamais parlé, en fait, et ce qui a pour effet de créer une certaine distance avec le spectateur. Ce langage sera malheureusement employé par plusieurs des comédiennes de cette première partie. Laura Barbeau en met aussi un peu trop dans sa performance de «Soigne ta chute» de Flora Balzano; elle a constamment les larmes aux yeux et ça semble un peu mélodramatique pour le texte.
On monte ensuite les marches jusqu’au deuxième pour y trouver «Le Petit Chaperon Rouge» des Frères Grimm, version post-moderne. Marie-àˆve Huot nous récite ce conte bien connu, fréquemment interrompue par la voix enregistrée de gamins à qui l’on a vraisemblablement demandé de raconter l’histoire de mémoire. Leur version plutà´t imaginative recèle de joyaux humoristiques. La performance est aussi agrémentée de photos d’archive quelque peu modifiées qui gagnent ici un nouveau contexte. Je dois avouer avoir grincé des dents lorsqu’on s’est servi d’une photo de femmes voilées en juxtaposition avec la mention du gros méchant loup déguisé en grand-mère. Que la connotation raciste/xénophobe/donnez-lui-l’adjectif-que-vous-voulez soit volontaire ou non, on devrait au moins en être conscient et s’en tenir responsable. Fort heureusement, une voix d’enfant vient nous sauver en donnant à l’histoire une conclusion qu’on n’avait jusque-là jamais entendue: «Ils font une fête avec des feux d’artifice et des verres de jus pleins!»
Au-dessus de nos têtes, au troisième, se dresse Estelle Richard dans «La Robe de Gulnara» d’Isabelle Hubert. C’est son jeu qui m’aura impressionné alors qu’elle exécute avec grande habileté les transitions entre une fillette de 13 ans et les adultes qui s’érigent dans son passage.
Dans une autre pièce, se trouve une tête entourée de noir, apparemment flottante, celle d’Isabelle Grégoire. Aucun mouvement alors, ne lui reste que le visage pour exprimer son histoire – celle, familière, d’une enfant de première qui tente tant bien que mal de retenir «Le Pipi» (Suzanne Lebeau) dans sa vessie – ce qu’elle fait à merveille, laissant son rapide débit reflété l’agitation de l’élève devant l’urgence de la situation.
On doit à Sébastien David de ramener le langage à un niveau plus courant, peut-être parce qu’il nous parle à travers la bouche d’un adolescent soumis à la cruauté du secondaire dans «Bowling for Trois-Rivière», une histoire de son cru, où la «grosse» de service est jouée par nul autre qu’un Jos. Louis! C’est évidemment une histoire difficile, mais à´ combien nécessaire.
Cette première partie se termine avec Josianne Dicaire dans «Vive la Canadienne!» de Dominick Parenteau-Lebeuf, une autre histoire difficile, celle d’un viol cette fois, où l’on aurait aimé un peu moins de force (oui, on comprend qu’elle est soldat) et un peu plus de subtilité. Pour cette première partie, on comptera deux viols (sans compter la métaphore du Chaperon Rouge) et une tuerie. Si mes oreilles ont bien entendu, la deuxième partie se voudrait très différente, peut-être même avec une bonne dose d’humour. En somme (ou peut-être devrais-je dire «En partie»), un divertissement honnête avec une sélection de textes disparate et de bons interprètes.
Nous étions une fois se poursuit jusqu’au 4 juin. Pour plus d’information sur ce spectacle et plusieurs autres du OFF.T.A., visitez www.offta.com
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